On rencontre dans les Hautes-Alpes trois espèces de petits dragons, véritables merveilles végétales qui ravirons botanistes et photographes. Les Dracocéphales, littéralement « têtes de dragons », tiennent leur nom de la forme très particulière de leurs fleurs. Plantes rares et recherchées, ces trois petits monstres méritent vraiment qu’on les présente un peu mieux.
De la famille des lamiacées (ex labiées), les Dracocéphales sont tout d’abord caractérisées par une tige carrée et des feuilles opposées (disposées deux par deux en vis à vis sur la tige). Leurs fleurs sont allongées et possèdent deux lèvres, la supérieure formant une voûte très visible.
La plus impressionnante est sans aucun doute la Dracocéphale d’Autriche (Dracocephalum autriaca). Ses fleurs sont très grandes (3 à 4 centimètres de long), généralement d’un bleu très foncé tirant vers le violet. Elle pousse dans les rochers et les rocailles, en pleine lumière, dans les zones chaudes et bien exposées. Cette espèce extrêmement rare et protégée au niveau national n’est connue que dans très peu de département français. Dans les Hautes-Alpes, elle se rencontre dans la région de l’Argentière-la-Bessée mais également dans le Queyras et vers Névache. Une petite station découverte par Dominique Villars au XVIII éme siècle perdure également dans le Dévoluy mais ne compte que très peu d’individus.
Bien que plus abondant localement, la Dracocéphale de Ruysch (Dracocephalum ruyschiana) est également très rare. Elle se reconnaît à ses fleurs plus petites dont la couleur est plus claire. Elle se rencontre dans les pelouses et les sous-bois clairs. Cette espèce esthétique mérite d’être suivie pour éviter tout prélèvement abusif.
La troisième espèce est aussi discrète que ses cousines sont exubérantes. La Dracocéphale à fleurs de thym (Dracocephalum triflorum) est une petite plante assez grêle qui pourrait facilement passer pour un Calament. Ses fleurs sont très petites, la corolle dépassant à peine d’un calice aux dents aigues, la supérieure plus large et plus longue que les autres. D’origine sibérienne, cette plante semble se naturaliser très localement en Europe occidentale, son arrivée dans les Hautes-Alpes restant mystérieuse… Dans le département, elle n’est connue que dans deux petites stations du Briançonnais.