Bureau des Accompagnateurs en Montagne du Buëch  
Randonnées et séjours naturalistes





Les primulacées des Hautes-Alpes.

Primevères, Androsaces et compagnie...


dimanche 20 janvier 2008, par Franck Le Driant
La famille des primulacées compte un certain nombre d’espèces aux formes assez variées. Cette famille est très bien représentée dans les Hautes-Alpes. 31 espèces ou sous-espèces sont traitées dans cet article.

Les fleurs de ces plantes sont hermaphrodites, à symétrie radiale et comptent généralement 5 pétales. Cette famille compte environ 800 espèces dans le monde, surtout présentes dans les zones tempérées et froides. Dans les Hautes-Alpes, on peut regrouper nombre d’espèces en deux groupes : les Primevères (genre Primula) et les Androsaces (genre Androsace), mais le département compte également des représentants d’autres genres : Lysimachia, Anagalis, Coris, Samolus…

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Rochers calcaires
Androsace pubescente (blanche), Silène acaule (rose) et Pétrocale des Pyrénées (violette) sur un sommet de Dévoluy

Les Primevères

Dans le département, il s’agit de plantes à fleurs assez grandes (au moins 1cm de diamètre) et à feuilles bien développées. Ces espèces sont généralement assez précoces et peuvent se rencontrer dès le début du printemps selon l’altitude.

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Sous-bois de basse altitude
Primevères acaules dans un sous-bois assez frais de chênes pubescents

Primevère acaule (Primula vulgaris) : Elle tient son nom de l’absence de tige développée. En effet, ses pédicelles floraux, généralement assez nombreux, partent directement de la rosette de feuilles. Ses fleurs sont grandes et d’un jaune assez pâle. Elle est courante au printemps dans les sous-bois et les talus.

Primevère officinale, Coucou (Primula veris, Primula officinalis) : Une autre plante assez courante au printemps, mais qui cette fois possède des hampes florales longues et bien développées, portant des fleurs peu ouvertes et montées sur des pédicelles assez courts.

Primevère élevée (Primula elatior) : Une espèce un peu intermédiaire entre les deux espèces précédentes : grandes fleurs et grandes hampes florales. Attention toutefois, l’identification de cette plante est rendue difficile par la présence fréquente de nombreux hybrides entre les deux premières espèces (Primula X variabilis). La présence de cette plante sur le département est assujettie à discutions : hybrides, pas hybrides… à suivre

Certaines espèces sont plus montagnardes, voire alpines et se rencontre à plus hautes altitudes.

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Rochers siliceux du Gioberney
Primevère du Piémont et Violette de Thomas dans le Valgaudemard

Primevère hirsute (Primula hirsuta) : Plante des rochers siliceux d’altitude qui se reconnaît à ses fleurs roses dont la gorge est blanche. Elle possède généralement une hampe florale courte ne portant que peu de fleurs. Plante assez courante dans la partie siliceuse des Ecrins.

Primevère du Piémont (Primula pedemontana) : Très proche de l’espèce précédente, cette plante est plus rare et protégée au niveau national. Elle se différencie de P. hirsuta par une hampe florale généralement plus longue et portant plus de fleurs, mais surtout par ses feuilles dont les marges portent de nombreuses glandes rougeâtres.

Primevère marginée (Primula marginata) : Une espèce abondante dans l’Est du département (Embrunais, Queyras) et qui est assez facile à identifier par la forme dentée de ses feuilles. La plante est également couverte d’une pruine verdâtre assez caractéristique. Bien que relativement abondante dans le département, cette plante est protégée au niveau national.

Primevère de Haller (Primula halleri) : Une grande rareté du département qui ne semble en compter qu’une unique station dans le Queyras, les stations historiques du Briançonnais ayant disparue. Cette primevère possède des feuilles et une tige très farineuses ainsi que des fleurs dont le tube et le calice sont très allongés, ce qui constitue le principal critère de reconnaissance. Plante protégée au niveau national qui fait l’objet d’un suivi sur sa station du Queyras.

Primevère farineuse (Primula farinosa) : Assez proche de l’espèce précédente, cette primevère est abondante dans les milieux humides où elle forme généralement des groupes assez importants. Elle se différencie de P. Halleri par des fleurs au calice et la corolle courts et dont les pédicelles sont généralement assez inégaux.

Primevère Auricule, Oreille d’Ours (Primula auricula) : Belle plante très localisée dans les Hautes-Alpes (Dévoluy) et protégée au niveau national. Elle se rencontre dans les rochers calcaires frais et les pelouses rocailleuses. Ses feuilles très lisses, très arrondies et crassulescentes sont assez caractéristiques et pourraient rappeler celles de certains grands orpins.

Primevère à larges feuilles (Primula latifolia) : Présente uniquement dans l’Est du département, cette belle primevère est une habituée des rhodoraies, des rochers et des pelouses rocailleuses. Elle se reconnaît à ses fleurs d’un violet assez foncé et ses feuilles dentées, molles, glanduleuses et allongées. La plante laisse une odeur particulière sur les mains de celui qui la touche.

Les Androsaces.

Il s’agit de plantes à fleurs beaucoup plus petites, poussant généralement en altitude, et qu’il est possible de classer en deux « groupes » : les plantes à tige bien développée, et les plantes en coussinets.

Les plantes en coussinet

Généralement championnes des conditions extrêmes, ces androsaces en coussinets peuvent se rencontrer jusqu’à des altitudes très élevées (3300 m dans les Hautes-Alpes). Cette croissance en coussin permet à la plante de réguler sa température et son hygrométrie de façon à résister aux conditions extrêmes pouvant se rencontrer à de telles altitudes.

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Schistes du Queyras
Gentiane de Schleicher (bleue), Pétrocale des Pyrénées (mauve) et Androsace Helvétique (blanche) dans le Queyras

Androsace helvétique (Androsace helvetica) : Cette plante à fleurs blanches se rencontre sur les rochers calcaires. Le coussinet qu’elle forme est très dense. Ses feuilles sont étroites et velues (poils simples). Ses fleurs possèdent une gorge jaunâtre. Cette plante est protégée au niveau national.

Androsace pubescente (Androsace pubescens) : Assez proche de l’espèce précédente, cette androsace forme des coussins moins denses car ses pédoncules floraux sont plus allongés. Elle se rencontre généralement en situation plus fraiche que l’Androsace Helvétique. Cette plante est protégée au niveau national.

Androsace de Vandelli (Androsace vandellii) : Assez proche morphologiquement de l’Androsace Helvétique, cette plante se rencontre sur les rochers siliceux. Ses petites feuilles très imbriquées et couvertes de minuscules poils étoilés donnent à la plante une couleur argentée. Elle est également protégée au niveau national.

Androsace Alpine (Androsace alpina) : Cette androsace forme des coussins plus lâches que les plantes précédentes et ses fleurs sont généralement teintées de rose (bien que beaucoup moins vif que dans nombre de livres de vulgarisation). Elle se rencontre dans les rochers siliceux, mais dans des zones ébouleuses à éléments très fins contrairement à ses cousines qui croissent sur les rochers. Cette plante est protégée au niveau national.

Androsace de Vitaliano (Androsace vitaliana) : Portant de multiples noms, cette androsace se reconnaît à ses fleurs jaune d’or. Elle est abondante dans les pentes rocailleuses et assez facile à identifier. Elle peut former des coussinets portant de très nombreuses fleurs et fait partie du groupement des plantes pionnières des éboulis.

Les plantes « Ã  tiges développées »

Ces plantes sont de petite taille et possèdent des fleurs ne dépassant généralement pas 5 mm de diamètre. Elles sont précoces et bien souvent montagnardes ou alpines.

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Rochers calcaires du Buëch
Androsace velue (blanche) et Globulaire à feuilles en Coeur (violette) dans la Méouge

Androsace à grands calices (Androsace maxima) : Cette espèce se rencontre à basse et moyenne altitude dans les cultures et les friches. La taille démesurée de ses calices floraux est très caractéristique. Ses fleurs sont blanchâtres ou rosâtres, ne dépassant pas le calice. Elle est assez abondante dans les vallées du Buëch et de la Durance.

Androsace allongée (Androsace elongata) : Une très grande rareté connue dans le département en une unique station à Ribiers. Cette plante est de très petite taille, ne dépassant généralement pas 4 ou 5 cm de haut. Ses pédicelles floraux divariqués et inégaux portent de minuscules fleurs blanchâtres ne dépassant pas du calice. Les plantes du département sont à associer à la sous-espèce Breistrofferi. Cette plante est protégée au niveau régional (PACA).

Androsace de Chaix (Androsace chaixii) : Plante très abondante dans les sous-bois du Buëch qui se reconnaît à sa petite rosette de feuilles et à ses nombreuses hampes florales très divariquées (qui partent dans tous les sens). Ses fleurs sont rosâtres. Une horreur pour les photographes.

Androsace Carnée (Androsace adfinis spp.) : Cette androsace tient son nom de la couleur généralement rose de ses fleurs. Elles se rencontrent dans les rocailles et les pelouses sur sols acides. Les feuilles de la sous-espèce Puberula sont étroites, non dentées et pubérulantes, ce qui permet de la distinguer de la sous-espèce Brigantiaca dont les feuilles sont légèrement dentées à pilosité moins dense.

Androsace septentrionale (Androsace septentrionalis) : Plante assez rare sur le département, connue uniquement dans le Briançonnais et le Queyras. Elle se reconnaît à ses hampes florales allongées et très raides, portant des ombelles dont les rayons sont également dressés. Ses fleurs sont blanchâtres et de petite taille. Cette plante est protégée au niveau régional (PACA)

Androsace à feuilles obtuses (Androsace obtusifolia) : Cette petite androsace est caractérisée par ses feuilles s’élargissant de bas en haut et dont les bords sont ciliés. Le reste de la plante est glabre ou couvert d’une pilosité très fine. C’est une plante des pelouses, des rhodoraies et landes à myrtilles sur sols acides.

Androsace velue (Androsace villosa) : Cette plante pousse sur les sols rocailleux calcaires. Ses fleurs sont blanches ou rose pâle, à gorge jaune ou rouge. Sa tige et ses feuilles sont très velues, ce qui constitue le principal critère de reconnaissance. Dans le département, elle est principalement connue sur les sommets du Buëch en limite avec la Drôme.

Les autres primulacées des Hautes-Alpes.

Il s’agit de plantes dont le genre compte peu de représentants dans le département. Elles sont de formes variables et certaines d’entre elles peuvent sembler éloignées morphologiquement d’une « primevère » pour le néophyte.

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Pentes arides du Buëch
Coris de Montpellier, détail de l’inflorescence

Lysimaque commune (Lysimachia vulgaris) : Grande plante des milieux humides (marécages et faussés), la Lysimaque est assez abondante dans l’ouest du département. Elle se reconnaît facilement à ses grandes inflorescences jaune d’or. Une indication de L. Nummularia par Chaix au 18ème siècle n’a pas été retrouvée. L. Puctata se croise ça et là, mais est issue des jardins.

Mouron d’eau, Samole (Samolus valerandi) : Beaucoup moins courante, cette plante se rencontre sur les sables humides. Dans le département, elle n’est connue que des bordures de Durance. Ses fleurs blanches sont très caractéristiques des primulacées. Il n’est pas rare de la rencontrer poussant au milieu d’eaux peu profondes (5 à 10 cm).

Soldanelle (Soldanella alpina) : Plante des combes à neige florissant juste après la fonte, la soldanelle est très reconnaissable à sa corolle violette découpée en fines lanières. Elle est commune dans le département de 1400 à 2800 mètres d’altitude. Ses feuilles sont rondes et glauques.

Mouron (Anagalis arvensis spp.) : Abondante dans les champs et les jardins, cette plante compte deux sous-espèces sur le département. La sous-espèce Arvensis dont les fleurs sont rouges ou bleues, et la sous-espèce Foemina dont les fleurs bleues portent des glandes minuscules en marge des pétales. La différenciation entre les deux sous-espèces se fait à la loupe et peut être délicate.

Coris de Montpellier (Coris monspeliensis) : Plante du Sud de la France, le Coris ne compte qu’une unique station dans les Hautes-Alpes (dans le Buëch à Montrond). Son inflorescence de forme atypique pour une primulacée et ses pétales non symétriques peuvent interloquer fortement le botaniste débutant… Cette espèce se rencontre dans les pentes rocailleuses arides et les vieux murs.

Lin étoilé (Asterolinion linum-stellatum) : Bien qu’absente des Hautes-Alpes, la présence de cette petite primulacée est plausible dans l’extrême sud du département. Sa très petite taille, ses fleurs minuscules et sa grande précocité en font une espèce probablement sous-observée.

Site à visiter pour plus d'informations : Plus d’informations sur FloreAlpes.com


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Primevère hybride (Primula x variabilis) Primevère officinale (Primula veris) Primevère élevée (Primula elatior) Primevère acaule (Primula acaulis) Primevère hirsute (Primula hirsuta) Primevère du Piémont (Primula pedemontana) Primevère du Piémont (Primula pedemontana) Primevère marginée (Primula marginata) Primevère marginée (Primula marginata) Primevère de Haller (Primula halleri) Primevère de Haller (Primula halleri) Primevère farineuse (Primula farinosa) Primevère farineuse (Primula farinosa) Primevère auricule (Primula auricula) Primevère auricule (Primula auricula) Primevère à larges feuilles (Primula latifolia) Androsace helvétique (Androsace helvetica) Androsace pubescente (Androsace pubescens) Androsace pubescente (Androsace pubescens) Androsace de Vandelli (Androsace vandellii) Androsace alpine (Androsace alpina) Androsace alpine (Androsace alpina) Androsace de Vitaliano (Androsace vitaliana) Androsace de Vitaliano (Androsace vitaliana) Androsace à grands calices (Androsace maxima) Androsace allongée (Androsace elongata subsp. breistrofferi) Androsace allongée (Androsace elongata subsp. breistrofferi) Androsace de Chaix (Androsace chaixii) Androsace carnée (Androsace adfinis) Androsace carnée (Androsace adfinis) Androsace septentrionale (Androsace septentrionalis) Androsace à feuilles obtuses (Androsace obtusifolia) Androsace à feuilles obtuses (Androsace obtusifolia) Androsave velue (Androsace villosa) Lysimaque commune (Lysimachia vulgaris) Mouron d'eau, Samole (Samolus valerandi) Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) Mouron des champs (Anagalis arvensis) Mouron des champs (Anagalis arvensis) Coris de Montpellier (Coris monspeliensis) Lin étoilé (Asterolinion linum-stellatum) Lin étoilé (Asterolinion linum-stellatum)


 
 
   
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