Les Pyroles (au sens large) comptent 6 représentantes dans les Hautes-Alpes. Considérée comme une famille jusqu’à récemment, la famille des Pyrolacées est devenue sous-famille des Ericacées. Le genre monotropa, faisant autrefois partie des Pyrolacées puis des Monotropacées a également rejoint la famille des Ericacées. Le genre Pyrola a également subit quelques transformations et certaines plantes ont été déplacées dans les genres Moneses et Orthilia.
Les Pyroles
Les pyroles sont des plantes vivaces dont les feuilles persistantes l’hiver sont disposées en rosette basale. Elles possèdent des fleurs hermaphrodites à 5 pétales libres. Selon les espèces, on les rencontre dans les bois secs à frais ou les landes à rhododendrons et myrtilles. Selon les flores, le nom « Pyrole » peut également s’orthographier « Pirole ».
Pyrole à une fleur et Pyrole unilatérale dans le Guillestrois
L’identification de certaines espèces peut être délicate pour les botanistes néophytes mais ne doit pas poser de problème si l’on observe les bons critères morphologiques :
Nombre de fleurs
Forme de la corolle (ouverte ou presque fermée)
Forme et dimensions du style
Forme des lobes du calice.
La Pyrole à une fleur (Moneses uniflora=Pyrola uniflora) : C’est la plus facile à identifier car elle ne possède qu’une unique fleur blanche en forme d’étoile. Cette dernière est orientée vers le sol, disposée sur une hampe de 5 à 10 cm. On la rencontre dans les bois frais de conifères et elle est relativement abondante dans les Hautes-Alpes exception faite de l’extrême sud du Buëch.
La Pyrole à feuille rondes (Pyrola rotundifolia) : La forme très particulière en « S » de ses styles facilite l’identification de cette plante. Ses fleurs blanches sont assez espacées sur la tige et possèdent une corolle bien ouverte. Les lobes du calice floral sont plus longs que larges.
Elle se rencontre dans les bois frais, les fossés et en bordure des marécages. Cette plante, peu commune dans les Hautes-Alpes, n’est plus protégée depuis la révision de la liste nationale des espèces protégées (1995).
La Pyrole verdâtre (Pyrola chlorantha) : C’est une plante plus petite que l’espèce précédente. Elle se reconnaît de prime abord à la couleur verdâtre ou jaunâtre de ses fleurs. Ces dernières possèdent également un calice à lobes triangulaires presque aussi longs que larges. Cette plante se rencontre dans les pinèdes chaudes. Elle est assez commune dans les Hautes-Alpes.
La Petite pyrole (Pyrola minor) : C’est une plante à l’inflorescence assez dense, dont les fleurs blanchâtres sont très peu ouvertes et dont les lobes du calice sont presque aussi larges que longs. Critère important, le style est plus court que l’ovaire et ne dépasse pas de la corole (ou très peu) lorsque la fleur est épanouie. Cette plante est assez rare dans les Hautes-Alpes et totalement absente du sud du Buëch.
La Pyrole intermédiaire (Pyrola média) : Elle peut paraître assez proche de l’espèce précédente mais s’en différencie nettement par des styles très longs qui dépassent nettement de la corolle. Les sépales du calice sont également plus longs que larges. Cette plante est très rare dans les Hautes-Alpes et protégée au niveau régional PACA. Elle ne se rencontre que dans quelques bois de conifères et landes à myrtilles.
La Pyrole unilatérale (Orthilia secunda=Pyrola secunda) : Une espèce très facile à identifier en raison de la forme très caractéristique de son inflorescence. Cette dernière est unilatérale (d’un seul côté de la tige) et compte généralement une bonne dizaine de fleurs aux styles très longs. C’est la plus commune des pyroles dans le département où elle se rencontre dans les bois de basse et moyenne altitude.
Le(s) monotrope(s)
Le Monotrope Suce-Pin (Monotropa hypopitys) est une plante dépourvue de chlorophylle qui parasite les arbres par l’intermédiaire des mycorhizes de ces derniers (elle parasite les champignons qui vivent en symbiose avec l’arbre).
Groupe de Monotropes Suce-pin dans l’Embrunais
Sa forme très particulière rend facile son identification. Certaines flores modernes considèrent deux sous-espèces dans nos régions pour cette plante (subsp. hypopitys et subsp. hypophegea). La distinction entre ces deux sous-espèces n’a pas été prise en compte dans les Hautes-Alpes mais il est probable qu’elles soient présentes toutes les deux sur notre territoire.